Juillet 2026 a été le mois le plus chaud jamais enregistré en France, et le gouvernement s’apprête à subventionner volets et ventilateurs. Pourtant, une question reste sans réponse : dans quel logement, et pour quel gain ? Nous avons mis une résidence sous instruments pour objectiver le confort d’été en logement social. Voici ce que la mesure a révélé.
« Il fait trop chaud dans les logements. » Mais qui le mesure ?
Le constat est désormais partagé par tout le monde. En effet, les chiffres de l’été le rendent difficile à contester : avec 24,9 °C de température moyenne nationale, juillet 2026 devient le mois le plus chaud jamais mesuré en France depuis le début des relevés en 1900, soit +3,8 °C au-dessus de la normale 1991-2020.
Surtout, les nuits n’ont plus joué leur rôle. Les 13 et 15 juillet, la température minimale moyenne sur la métropole a atteint 21,4 °C. Or un bâtiment qui n’évacue rien la nuit redémarre chaque matin plus chaud que la veille.
Du côté du ressenti, l’étude « Quartiers chauds » publiée en 2026 par la Fondation pour le Logement indique que 66 % des Français déclarent avoir du mal à gérer la chaleur chez eux.
Autrement dit : le constat est établi. La mesure, elle, manque encore.
Confort d’été en logement social : pourquoi les bons conseils ne suffisent pas
« Fermez les volets. » « Ventilez la nuit. » « Posez des casquettes solaires. »
Ces conseils sont justes. En revanche, ils restent génériques, et donc impossibles à prioriser logement par logement. Quel logement traiter en premier ? Combien de degrés gagnés ? Concrètement, un conseil qui ne se chiffre pas ne se priorise pas — et ne se finance pas non plus.
C’est pourquoi, chez Kocliko, nous ne conseillons pas au doigt mouillé. Nous objectivons.
Une résidence sociale mise sous instruments
Le dispositif tient en trois éléments :
- Des sondes connectées dans les logements : température réelle, en continu, pièce par pièce.
- Un jumeau numérique thermique du bâtiment, c’est-à-dire une simulation thermique dynamique qui reconstitue le comportement réel de l’enveloppe, l’exposition et les transferts entre logements.
- Un diagnostic logement par logement : nous savons ce qui marche, et de combien.
Confort d’été en logement social : ce que chaque geste fait gagner
Voici l’effet mesuré sur la résidence équipée, sur la température moyenne intérieure et sur les heures d’inconfort :
| Geste | Température moyenne | Heures d’inconfort |
|---|---|---|
| Fermer les volets en journée | −1 °C | −38 % |
| Surventiler la nuit | −1 °C | −37 % |
| Les deux combinés | −1,7 °C | −58 % |
Deux enseignements ressortent.
D’abord, les effets ne s’additionnent pas. Deux gestes à −1 °C chacun ne donnent pas −2 °C, mais −1,7 °C, parce qu’ils se recoupent partiellement. Raison de plus pour les mesurer plutôt que de les empiler.
Ensuite, ces résultats sont obtenus sans un euro de travaux. Avant d’investir, il y a donc de la marge dans l’usage — encore faut-il savoir où.
Le brasseur d’air : 0 °C, et pourtant plus de confort
Un brasseur d’air ne fait pas baisser la température. Mesuré au thermomètre, son effet est nul.
En réalité, il déplace autre chose : il repousse la limite de la zone de confort. À température identique, l’occupant se sent donc bien plus longtemps. Ce gain de confort ressenti se chiffre.
Ce point n’est pas anecdotique, puisque c’est exactement ce que la politique publique s’apprête à financer. Le plan présenté le 17 juin 2026 par Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, rend les protections solaires et les ventilateurs éligibles à MaPrimeRénov’ dans les rénovations d’ampleur. De son côté, la Fondation pour le Logement recommande 1,1 Md€ par an jusqu’en 2040 pour équiper le parc en volets et ventilateurs, en priorité dans le logement social.
Un thermomètre seul aurait conclu que le brasseur d’air ne sert à rien. C’est précisément le genre d’erreur que la mesure du confort ressenti évite.
La casquette solaire se dimensionne, façade par façade
Le même dispositif n’a pas le même effet d’un logement à l’autre. Sur la résidence instrumentée, la casquette solaire se répartit ainsi en trois cas de figure :
- Très efficace sur les façades fortement exposées, où elle coupe l’essentiel des apports d’été.
- Marginale ailleurs : le gain est faible, si bien que l’investissement ne se justifie pas toujours.
- Contre-productive l’hiver, car elle prive parfois le logement d’apports solaires utiles en saison froide.
Ce qui tranche, c’est donc l’orientation des façades et l’architecture. Pas le catalogue.
Le logement le plus exposé n’est pas le plus chaud
Voilà le résultat le plus contre-intuitif de la campagne de mesures.
L’usage pèse parfois autant que l’orientation. Certains occupants ont déjà les bons réflexes : volets tenus fermés aux bonnes heures, fenêtres ouvertes au bon moment. D’autres non. Et cela se voit dans les données.
La conséquence opérationnelle est directe. Plutôt que d’envoyer le même flyer à tous les logements d’un immeuble, nous ciblons l’accompagnement là où il change vraiment quelque chose.
Du conseil à la décision
Un conseil : « Il faut ventiler. »
Une décision : « Ce logement gagnera 1,7 °C en ventilant. »
Toute la différence est là.
La norme confort d’été doit par ailleurs être révisée d’ici le 1er janvier 2027, et les financements se mettent en place. D’ici là, mesurer coûte beaucoup moins cher que de se tromper de travaux.
Kocliko
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