Réduire la consommation énergétique via l’individualisation des frais de chauffage.

L’urgence climatique

En France, le secteur du bâtiment représente 44% de l’énergie consommée et 30% d’émissions de CO2 (1). Entre autres causes, selon le service des données et études statistiques du Ministère de la Transition Ecologique, plus de 40% des logements sont considérés énergivores (étiquettes E à G du DPE). Ce chiffre tient compte des logements qualifiés de « passoires thermiques », pour lesquels les solutions techniques se multiplient (2).

Le coût des énergies fossiles, quant à lui, est de plus en plus élevé : +136% du cours du gaz en Europe sur les 8 premiers mois de l’année 2021 (3).

Nombre de logements sont trop chauffés et gaspillent nos précieuses ressources. Certains immeubles n’éteignent le chauffage collectif que 2 mois dans l’année, d’autres ne permettent pas la régulation par l’occupant des émetteurs. Pire, d’autres logements, faute de réglages adaptés, affichent 27 degrés alors que la température extérieure est négative.

Il est temps d’arrêter de chauffer les oiseaux et de permettre aux usagers de maîtriser et réduire leur consommation.

 

Réduire la consommation énergétique (et les charges) via l’individualisation des frais de chauffage ?

Selon l’étude statistique de 2018 de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie), l’individualisation des frais de chauffage réduirait de 15% les dépenses des locataires ou des copropriétaires chauffés collectivement. Sur la base de 800€ de charges de chauffage/an,  ce sont plus de 100€ d’économies par logement par an. Un bénéfice économique et environnemental, qui vise à réduire le recours aux énergies primaires (4).

Le fonctionnement est simple. Il s’agit de calculer pour chaque logement la consommation énergétique et de permettre aux occupants de réguler leurs radiateurs au moyen de robinets thermostatiques. En parallèle, une plateforme permet de suivre les consommations mensuelles.

Dans ce contexte, il s’agit de passer de la répartition des charges au tantième par une facturation individualisée au plus juste de la consommation réelle. C’est l’opportunité de rétablir l’équité en copropriété, en valorisant les actions des copropriétaires les plus vertueux qui investissent dans des solutions d’isolation performantes ou dans des radiateurs plus économes.

 

Les solutions actuelles

Depuis le 25 octobre 2020, il est obligatoire d’individualiser les frais de chauffage des résidences dont la consommation annuelle dépasse les 80KWh/m²/an. Il s’agit globalement du bas de l’étiquette C. Des millions de logements sont ainsi concernés.

D’après Kocliko, qui édite des solutions d’efficacité énergétique, moins de 30% des résidences sont équipées à mi-2021 (5).

Les solutions traditionnelles de comptage comme les compteurs d’énergie thermique (20% des cas d’installation) et les répartiteurs de frais de chauffage (80% des cas) posent des problèmes de fiabilité, d’équité et de compréhension. Par exemple, les coefficients de situation appliqués ne prennent pas en compte les caractéristiques techniques du bâtiment et génèrent des écarts de charges importantes entre les occupants d’un même immeuble.

Les informations issues de ces systèmes sont difficiles à interpréter : il est question de kilowattheures et d’index.

 

Quelles tendances pour les prochaines années ?

Les objets connectés, l’intelligence artificielle, le machine learning ou encore la simulation thermique dynamique sont autant de nouvelles technologies, qui, combinées, permettent non seulement de répartir équitablement les charges entre les occupants d’un immeuble, mais aussi de faire profiter à tout l’écosystème des données. Ainsi les exploitants-chauffagistes peuvent affiner les réglages des installations et les locataires ou propriétaires disposent d’applications qui permettent de simuler les économies réalisables.

Autant de nouveaux leviers pour réduire la consommation d’énergie et les émissions de CO2.